Le Kingston Dub Club

June 30, 2015

Quand on est à Kingston, l’une des questions principales est « qu’est-ce qu’il y a comme soirée ce soir ? ». Ne vous en faites pas, il y a TOUJOURS quelque chose à faire ! Des soirées qui sont des institutions comme Weddy Weddy au QG de Stone Love à Rae Town, en passant par les soirées hype du moment. Il y a eu Weddy Weddy, il y a eu Passa Passa, il y a eu les Mojito Madness Mondays mais la soirée dont j’entends parler partout depuis quelques temps, c’est le Kingston Dub Club. Vous voyez le spot dans le clip de Gimme Likkle One Drop de Tarrus Riley ? Bah c'est là. Ca tombe bien, perso j’ai eu ma dose de dancehall stupide à la limite de l’EDM qui ne parle que de vagin et qui oblige les filles à se déshabiller toujours plus, danser toujours plus vulgairement et mimer des fellations sur des bouteilles de bière…

 

 

 

 

En ce dimanche soir, nous nous rendons donc chez Gabre Sélassié, qui a hérité de Rockers, le sound-system d’Augustus Pablo avec qui il travaillait. Après avoir beaucoup voyagé grâce à la musique, il s’est rendu compte de la force des sounds-systems roots and culture en Europe et au Japon, et de leur quasi non existence en Jamaïque même. Alors il a décidé d’organiser des soirées dans son yard (son jardin) tous les dimanches soirs dans les hauteurs de la ville, dans le très chic quartier d’Uptown. Quelques années plus tard, ce qui était une petite dance entre amis est devenue the place to be, et les habitués constatent chaque semaine l‘évolution de ce jardin devenu le spot le plus frais pour faire la teuf à Kingston. Dominant toute la ville et ses lumières, le yard de Gabre Sélassié s’est habillé d’une terrasse, de petites tables pour chiller, d’un coin feu où les rastas fument leur vaporisateur, d’un restaurant ital, d’un bar à jus frais et à brownies à munchies, de végétation luxuriante et de l’imposant sound-system du Rockers Sound qui te fait ressentir le dub physiquement. Ça fait pas mal d’arguments dans sa poche, et tout ce qui se fait de chanteurs-artistes-présentateur tv-touristes en goguette se pressent en masse pour se faire (bien) voir. C’est du coup le seul bémol de cet endroit très agréable au message positif : ça manque un peu de vibe. Quand on connaît les street parties jamaïcaines, le Kingston Dub Club semblent un peu guindé, avec peu de gens sur le dancefloor les deux fois où j’y ai mis les pieds.. Car oui, les jamaïcains écoutent du dancehall depuis 20 ans maintenant, et se remettent très très doucement au reggae et au dub. C’est donc un public d’expats et de touristes qui forment le plus gros de la population du Kingston Dub Club, cassant un peu l’énergie bordélique jamaïcaine. Ça reste néanmoins un endroit très agréable et absolument recommandé pour finir le week end en musique, avec très souvent des guest invités (pour ma part, Barrington Levy y fêtait la sortie de son nouvel album acoustique). Et dans le même genre mais en plus raw, je recommande aussi Inner City Dub à Tivoli ..

 

 

 

Gabre Sélassié aux commandes

 

 Kevin Campbell qui steame

 

 Bunny Wailer qui passait par là

 Gabré Selassié et Barrington Lévy

 

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