Pelicans vs Spurs

May 26, 2015

Après m’être faite conduire à bon port par mon messie weedistique, j’arrive au match de basket avec une certaine hauteur. Un sourire niais sur le visage, je pénètre dans le Smoothie King Center les yeux grands ouverts, avec l’impression d’être la figurante d’un blockbuster. Tout y est, des familles entières ont revêtu les couleurs des Pelicans de la Nouvelle Orléans, des obèses font la queue pour s’acheter un double nachos supplément fromage, des couples de quaterback-cheerleadeuses se pressent à leur place tandis que des bandes d’étudiants aux muscles saillants et aux sourires brights descendent des pintes de Lager Beer. Pincez moi !

 

 

Je retrouve les charmants et formidables Albane et Yannick, que je rencontre pour la première fois. Ils m’expliquent les règles et enjeux de ce match important : Les Pelicans de la Nouvelle Orléans affrontent les Spurs de San Antonio, et une place en play-off est en jeu ! En totale novice, c’est plus l’ambiance incroyable que la qualité du jeu qui m’interpelle. Les américains sont les rois incontestés, incontestables, de l’entertainment : TOUT est fait pour capter votre attention sans répit !

 

 

Des écrans géant diffusent des gif d’images de la pop culture vous incitant à interagir : Harry Potter, les Simpsons, Blanche-Neige, les Minions qui font la fête en boucle, ça t’ambiance un stade déjà surchauffé. Entre chaque quart-temps, les chearleadeuses, arrivent pour que tout le monde se rince les yeux (les ancêtres des starlettes de télé-réalité ?), suivi de musiciens de jazz, on est à la Nouvelle Orléans quand même ;-). Puis c’est au tour des danseurs vieux, gros et moches mais qui twerkent comme personne, pour te rappeler que TOUT le monde peut être cool (minute émotion à l’américaine), mais que TOUT le monde n’est pas aussi bonne qu’une chearleadeuse :-p.

 

 

 

La caméra du stade filme de manière aléatoire le public au son d’une musique entraînante. S’en suit une bataille impitoyable entre inconnus pour donner de son plus beau déhanché, cadeaux à la clé. Entre deux passages de Pierre, la mascotte moche de l’équipe (qui serait un Pélican selon les organisateurs et un vieux poulet selon la police), il y a aussi des tirs au paniers d’inconnus qui gagnent leur quart d’heure de gloire (ou de honte) et des cadeaux... Tout est fait pour que tu sois concentré à chaque instant ! Et si ton équipe marque 100 points, c’est tournée générale de frites gratuites le lendemain dans toute la ville (la vision américaine du paradis ;-p).

 

N’ayant jamais mis les pieds dans un stade avant, je suis totalement fascinée par l’aspect grégaire et primaire de l’enjeu. Du pain et des jeux ! On soutient SON équipe, on veut LEUR victoire. C’est un peu la version sportive des gentils et des méchants, des voleurs et de la police, des cows-boys et des indiens, des blockbusters américains. Comme dans une arène, on hurle, on bondit, on vibre avec les joueurs, on leur envoie notre énergie. On est entouré de gens qui sont là exactement pour la même chose. On se sent faire parti d’un tout, on vibre ensemble uni dans un but commun. Ce n’est pas tous les jours que l’on se sent proche de son inconnu de voisin, c’est extrêmement grisant. Et un peu creux. (Ce serait d’ailleurs un peu ma définition des Etats-Unis en général : extrêmement grisant mais un peu creux...)

 

 

 

Il faut parfois néanmoins arrêter de faire sa majorette et sa parisienne snobinarde, et ne pas bouder son plaisir. J’ai donc ouvert grands mes yeux et mes oreilles pour assister à ce son et lumière et pour profiter de ces humains enfin unis, au delà de leur sexe, leur âge, leur religion, leur opinion politique… autour… d’un ballon rond ! Et les Pelicans ont gagné leur place en play off !

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by Emmylou Mai.